Ma rencontre avec Jacky Kooken

 jacky kooken- monique ayoun Quand j’ai rencontré mon futur mari, Jacky, il m’a montré un manuscrit qu’il avait écrit et qui a contribué à me rendre amoureuse de lui. Cela s’appelait « La Bohême à Paris ».  Les destins –étonnants et parfois tragiques- de ses amis artistes y étaient relatés avec beaucoup d’empathie, d’humour et de sensibilité. J’ai aimé ce ton direct, un peu gouailleur et brut de décoffrage qui lui ressemble tant ; j’ai aimé l’amitié « à la vie à la mort » qui unit ses deux héros – l’un peintre, l’autre sculpteur – ; j’ai aimé la sensualité sulfureuse de ces deux femmes russes, hautes en couleur, qu’ils rencontrent et dont ils s’éprennent à leurs dépens. Le tout agrémenté d’une satire jubilatoire des travers de l’art contemporain…

Mais Jacky livrait son texte « tout nu », « tout cru », sans avoir pris la peine de le travailler, ni de le découper en plusieurs chapitres. Jacky Kooken –il faut le préciser – est sculpteur, sculpteur de taille directe. Autant dire que les « brouillons », ce n’est pas son fort ! Par excès de modestie, il présentait d’ailleurs ce livre comme un simple « témoignage autobiographique » alors que tous les ingrédients romanesques étaient là. J’ai donc proposé que nous reprenions ensemble tout le livre, scène par scène. Ce fut une période fascinante… avec parfois – osons l’avouer ! – quelques moments délicats : il fallait que chacun sache accepter la critique de l’autre. Ce qui n’est pas si facile ! Mais peu à peu, nous avons pris conscience de notre complémentarité : lui faisait la fonderie et moi le ciselage… Au final, je puis attester qu’écrire à deux, échanger, relire ensemble, se stimuler, se critiquer est l’expérience la plus joyeuse, la plus chaleureuse et la plus excitante que j’aie jamais connue. Car la critique stimule lorsqu’elle est bienveillante !..

Quand on dit « écrire à quatre mains », beaucoup s’imaginent qu’on s’assoit à la même table pour écrire ensemble.  En ce qui nous concerne, ce n’était pas du tout le cas ! Cela se passait plutôt comme une partie de tennis : nous nous renvoyions la balle mutuellement, chacun apportant son grain de sel…

Pour employer l’expression si sensuelle de Jacky : « Nous avons mélangé nos encres ».

« La bohême à Paris» est devenu « Tout perdre sauf le désir!». Il est actuellement en lecture..

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